Liberté, je crie ton non

texte écrit sur un murHabituellement classée dans la catégorie des sujets parfaitement chiants – on préfèrerait encore discuter des bas de contention de sa grand-mère – la question du libre-arbitre n’en mérite pas moins toute notre attention. Et, dès lors que l’on s’y intéresse un peu…

…on s’aperçoit finalement que c’est chiant quand même. Non mais là, ça va aller. Ben quoi, restez deux minutes, y’a pas le feu.

Ficelle et Patachon, plainte et hurlements

Patachon : T’y crois toi à la liberté de l’homme du point de vue de la liberté de son libre-arbitre ?

Ficelle : Pas de doute, toi le divertissement, t’as ça dans le sang. En tout cas, moi ça me rappelle les compos de philo. Thèse, antithèse, malaise. Tiens écoute un peu : « l’Illusion du libre-arbitre est-il une illusion ? », « Libre-arbitre et boson de Higgs : bientôt un enfant ? », « Le libre-arbitre peut-il s’administrer en lavement ?», « L’homme sont-ils libres où ça dépend ? »…on se marre déjà…

P : Faut dire quoi pour avoir bon ?

F : Pas simple. Tu as deux visions qui s’opposent : l’une décrit ta vie comme une sorte de livre que tu rédigerais – à ton insu – sous influence : « …et tel un farouche guerrier de la lumière mu par quelque force inconnu, je fonçais m’acheter une boite de fayots… ». L’autre la perçoit comme un journal intime dans lequel tu écrirais ton histoire de manière absolument libre : « Cher journal, c’est fou comme je me sens absolument libre, du coup je vais m’acheter des saucisses… »…

P : …Où alors, on peut imaginer qu’on serait juste un peu guidée mais qu’on pourrait quand même modifier des trucs : « Finalement, j’optai pour un cassoulet en boite. »

F : Tout le problème est là : la question du libre-arbitre n’a été tranchée – de manière unanime s’entend – ni par les philosophes, les religieux ou les spécialistes en neurosciences. Tu trouveras des avis parfaitement contradictoires. Et entre les deux, tous les compromis possibles. Par conséquent et pour le moment, la réponse ne relève pas de la vérité mais plutôt d’un crédo. Là, on se boyaute littéralement…

P : Ah misère, c’est quand même dur pour un esprit rationnel et pyroplastique comme le mien…

Liberté, faut voir

F : Tu peux toujours aller voir un gourou en sous-développement personnel. Il te convaincra sûrement que tu es le seul-maître-du-contrôle-de-la-vie-de-ton-destin-qui-existe-même-pas-puisque-c’est-moi-qui-vous-le-dis. Mais que ah-ça-c’est-sûr-il-faut-y-mettre-un-tout-petit-peu-du-sien. Et-pis-aussi-arrêter-de-glapir-à-tout-bout-de-champ.

P : Ce qui est bien avec les dogmatiques, c’est qu’ils ne sont pas tourmentés par les doutes.

F : Bah sinon tu peux lire Schopenhauer, l’humoriste allemand. Lui te démontrera que le libre-arbitre est un mirage pour les naïfs, que tes actions sont déterminées par des facteurs que tu ne peux pas contrôler et que ta seule liberté est de mieux connaitre ta nature. Et zou.

P : C’est gentil mais quand je connais pas, je préfère me méfier…étrange quand même, j’ai comme un vague sentiment de ne pas être plus avancé.

F : Ça doit être parce que tu l’es pas. Par contre tu peux t’interroger : au fond qu’est-ce qu’il vaut mieux croire ? Que l’on est privé de libre-arbitre ? Ce qui implique d’être les spectateurs impuissants de notre vie. L’inverse ? Ce qui signifie être responsables de nos actes. Et les bonnes excuses à se tailler en pointe….

P : Ben, à vrai dire j’en sais rien. Etre spectateur si t’as pas choisi la chaine, c’est pas bien tentant…d’un autre côté, plus d’excuses même légèrement foireuses, c’est pas bien affriolant non plus. Finalement le sujet est plutôt velu…

F : Ah bah c’est sûr, t’as vu ta question aussi, c’est pas un rébus de Télé Z. Ça nous mettrait facilement la boutique en désordre. Et comme il n’y a pas une réponse, ça finirait aussi par nous irriter. Ce serait bien dans le domaine du possible ça…

P : Bon, laissons tomber, c’est plus raisonnable. Sinon j’ai autre chose en magasin : t’y crois toi à l’universalité des constantes physiques permettant de décrire quasiment tous les phénomènes observables ? Ou pas.

F : Je sais pas mais finalement on pourrait très bien revenir au sujet initial : « La liberté d’un individu peut-elle être graduellement – mais très sensiblement – altérée à partir du moment où autrui commence doucement à emmerder le monde avec ses questions moisies ? »

Un suppo peut il discuter de liberté ?

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